16/12/2004

Elle venait d’enlever sa culotte

 

 

Sens de lecture

Attention ! Les textes les plus anciens se trouvent en bas de page. Ainsi quand vous entrez sur le blog, vous voyez immédiatement les nouveautés. Les séries sont donc dans l’ordre décroissant de la lecture habituelle ! Ne vous laissez pas déstabiliser. Bonne lecture à tous


 

 

À la suite des épisodes précédents

 

 

 

            Nous avons mangé un peu, dansé et rit beaucoup et bu plus encore, le rationnement ce sera pour demain n’est ce pas puis les anciens se sont mis à des tables de bridge cependant que les plus jeunes se donnaient rendez-vous chez les Salembien, une belle demeure en bord de Meuse. On y retrouve Marianne et les derniers jeunes à être encore dans la région. Les villages et villes d’Ardennes seront bientôt comme ceux d’Alsace : vidés de leur substance vive, ceux qui sont revenus repartent sous la poussée de réfugiés belges et des autorités militaires. Pas de chance pour la région, un orage fantastique inonde très localement le confluent Meuse-Semoy. Chez les Salembien, le rideau de pluie monotone et régulier donne l’impression aux adolescents réunis d’être isolés du monde, c’était une sensation forte qui leur disait que, ce soir entre tous, tout était permis presque toute la ville avait été évacuée et la plupart de ces jeunes-là allaient donc rejoindre demain parents ou amis et voisins à Metz, à Nancy, à Toul et ailleurs.

Marianne toute pudeur évanouie après avoir dansé comme une folle sur des rythmes espagnols s’était assise au plus profond d’un fauteuil et tenait ses genoux contre elle, puis comme insensiblement, elle déposa les mains sur les accoudoirs et écarta lentement les jambes offrant ainsi à tous ceux qui étaient là son sexe bien visible dans sa touffeur poilue : elle venait d’enlever sa culotte à la toilette et de décider de s’offrir à celui qui la prendrait la première, avant que les Allemands arrivent, car ils arrivaient, n’est-ce pas, n’est-ce pas ? Les garçons et les filles qui étaient là s’approchèrent et tandis que Jacob replaçait une plaque sur le phono et remontait le ressort vigoureusement, une main flatte un sein de Marianne; la main est celle du frère du lieutenant Tisserant, commandant une compagnie du 205è. Le lieutenant lui-même, aussi, est à une soirée, il est à Vouziers avec des officiers de réserve, des curés, des instituteurs, des fonctionnaires, tous des hommes comme il faut mais si peu préparés au commandement, qui plus est au commandement de guerre !

 

(à suivre)


05:17 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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