22/12/2004

On va assassiner des hommes

 

 

Sens de lecture

Attention ! Les textes les plus anciens se trouvent en bas de page. Ainsi quand vous entrez sur le blog, vous voyez immédiatement les nouveautés. Les séries sont donc dans l’ordre décroissant de la lecture habituelle ! Ne vous laissez pas déstabiliser. Bonne lecture à tous


 

 

 

À la suite des épisodes précédents

            Ceux qui dormaient encore à quatre heures et quart à la frontière sont éveillés par l’incessant passage des avions, un vacarme épouvantable. Des militaires enfilent précipitamment leur veste pour courir voir dehors : le ciel est noir d’avions qui vont bombarder tous les aérodromes, civils et militaires de Belgique, de Hollande et même en France, jusqu’à Lyon, vers le sud. Le ciel laisse tomber le meurtre, on va assassiner des hommes au nom d’un dieu ou d’une idée fixe qui n’intéresse que celui qui y croit.

           

 On part pour le canal, le jour se lève, les soldats sont chargés au complet, ils traînent, une buée, un brouillard, de la vapeur dense flotte sur l’eau, à mi-chemin, ronronnements d’avions, encore, voila trois appareils visibles, la DCA tire, de Lierre dirait-on, c’est la première fois qu’on voit les petits nuages caractéristiques de ces obus-là. Tout le monde a le nez en l’air. Des éclats tombent dans l’eau près de nous, le moins qu’on puisse dire est qu’on tire assez mal. A quatre heures trente, ceux qui sont éveillés par leur téléphone, généraux, ministres, journalistes et autres arrières dormant en toute quiétude, apprennent la nouvelle incroyable : L’Allemagne lance une offensive aérienne gigantesque contre la Hollande, la Belgique, la France, le Luxembourg. Camille Chautemps, vice-président du conseil a été réveillé par le coup de téléphone du préfet de la Moselle qui annonce que des blindés allemands ont franchi la frontière luxembourgeoise à Remich. La comtesse Anne-Marie de Dampierre se fait confirmer la nouvelle par de Montpellier puis par Fribourg. La nouvelle fait le tour de France dans l’heure. Nous voici aux positions, le soleil s’est levé, un formidable bruit de moteurs, incessant, emplit l’air. voila 38 bombardiers en formation serrée venant est-ouest, on distingue très bien les croix noires à l’oeil nu, plus de doute, l’alerte est réelle, on hésite à croire que c’est la guerre, la vraie qui remplace la drôle. Peut-être y-a-t-il eu une grande bataille navale en mer du Nord - ou bien s’agit-il d’une expédition contre l’Angleterre, non la nouvelle se confirme Belgique, France, Hollande sont envahies. Alerte maximum générale. Sans cesse des avions allemands, d’après le carnet de silhouettes, je reconnais des Heinkel 111, la DCA tire - mais toujours à côté !

 

(à suivre)


05:30 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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