21/01/2005

Sur les hauteurs de Monthermé

 

 

Suite en cours ...

 

  Là on tiraille, plus loin c’est l’épouvante. Le lieutenant Michard appartient à la malheureuse 55è division qui s’écroule sous le poids de centaines de bombardiers qui traitent Sedan depuis onze heures ce matin. La déflagration des explosions paralyse les hommes et les communications sont nulles. Tous sont terrés dans leurs abris, silencieux, incapables de bouger. Le sifflement se produit, un homme crie que celle-ci est pour eux. Les bombes bouleversent le sol, renversent les batteries, tuent les chevaux et ceux qui ne meurent pas sont affolés, inutilisables, les liaisons téléphoniques sont coupées, quel renfort, quel réconfort espérer ? Certains ont connu Verdun, ils prient, ils tentent de dominer leur peur mais comment résister : en une fraction de seconde on est passé de la drôle de guerre à l’enfer. Rien dans le ciel ne détruit la belle ordonnance de l’armée allemande en vol. Les vagues d’avions succèdent aux vagues précédentes, ils sont des centaines, le ciel est noir d’avions. Précédées du Henschel à moteur de machine à coudre, ce mouchard impitoyable, les lignes de Stukas et de Dorniers se coulent vers les obstacles à abattre : ponts, usines, casernes. L’armée française est démunie de batteries anti-aériennes et même en de nombreux endroits, on possède des fusils mitrailleurs dont on ne sait comment se servir. Je viens d’en faire l’expérience en étant officier de tir, il y a quelques semaines encore. Nos avions de chasse font ce qu’ils peuvent mais que peuvent-ils ? Sur Sedan on dispose de treize vieux Curtiss commandés par le lieutenant Marie.

 

  Sur les hauteurs de Monthermé le colonel Tullius regarde l’isthme tout entier camouflé par la brume où règne un silence inquiétant, des hommes et des bateaux vont essayer de tenir le choc, à nous les panzer, voici deux trois canons antichars dont on va bien se servir ! Des coups de feu claquent et des hommes s’écroulent, une mitrailleuse nous pointe d’en face !

 

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant est disponible en la demandant – gentiment – à Xian) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)

 


04:30 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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