24/01/2005

La journée du 13 s’achève

 

Suite des événements ...

  A 19h, ici au canal Albert, ordre de départ, est-ce une relève, oui je crois, je vois des uniformes français dans la section qui s’avance. Matériel rassemblé, tout est en ordre, les hommes en contrebas de la digue, le brouillard est dense, la lune si pâle.

  On attend, non, ce n’est pas une relève, on abandonne le canal pour occuper la position Koningshooikt-Wavre Anvers Louvain, que se passe-t-il ? Les destructions mises en place par le génie belge semblent n’avoir que peu d’effets sur la progression ennemie. Dans l’entre Sambre et Meuse, des hommes en loques arrivent de partout nerveusement écroulés depuis les hauteurs de Meuse. Ceux du 1/66 d’infanterie résistent et font une coriace défense dans les faubourgs de Dinant mais à 20h30, un char allemand a franchi la Meuse, ils passent aussi à Monthermé où ils sont bloqués à deux cents mètres de la rive, le général Bouffet pense à replier le P.C. de Falaën. Au soir de ce treize mai, des soldats du génie refluent et se bousculent aux soldats du 120è d’infanterie, dans les ruines de Thelonne. Fuyez, crient-ils, ils arrivent !

  Le capitaine Garreau ne peut retenir les hommes qui s’encourent à toutes jambes.

 

  On apprend que les chars ont réussi à passer de part et d’autres de Sedan depuis quatre heures déjà. Les boches occupent une tête de pont de six kilomètres de long sur quatre de large. Après ceux du Bouillonnais, de Fabert, de Torcy, de la place Turenne, de la gare, le dernier pont de Meuse, celui de l’écluse, a sauté et des unités de réserves seraient en marche vers Sedan. Minuit ici, enfin ordre de départ, le brouillard est de plus en plus opaque, nous suivons le canal par la rive est, un formidable bruit de chars sur le pont de Nijlen, les régiments français s’en vont aussi. Là bas en Ardennes, paraît-il, toute la nuit comme la nuit dernière, se moquant des consignes, des colonnes entières de matériel motorisé allemand rouleront plein phare dans la forêt.

 

  La journée du 13 s’achève sur un terrible constat, depuis trois jours nous reculons, nous perdons du monde : tout s’effondre, je suis sale, fatigué j’ai l’impression que ma tête va éclater.

  Albert roule en retrait dans l’entre-Sambre et Meuse, il a reçu l’ordre de chasser l’ennemi du village de Haut le Wastia tandis que Duchatelle monte vers Gembloux avec une compagnie de tirailleurs marocains.

 

 

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant est disponible en la demandant – gentiment – à Xian) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)

 


04:09 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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