31/01/2005

La femme, dans la voiture pique une crise de nerfs

 

Suite des événements ...

 

 

 

 

  Constante belge de repli axe nord ouest vers Gand Bruges Ostende alors qu’il aurait fallu prendre l’axe ouest sud ouest Tournai Lille Dunkerque, non ?

  Toute l’aviation allemande se concentre sur la Hollande, qui est avertie par voie diplomatique que Utrecht sera détruite si l’armée hollandaise résiste encore, quel culot ces Allemands !

 

  Des soldats du bataillon cycliste qui tenait Turnhout passent à vélo, noirs et déguenillés, évacuation ? ? Je comprends mal, je ne pensais pas que tout le monde foutait le camp, littéralement, même le curé est parti en demandant qu’on ne pille pas sa cure. Le général Denis se rend au fort de Breendonck, siège du G.Q.G. belge pour y apprendre le réel désastre du canal Albert en amont de nos positions et les très mauvaises nouvelles concernant l’attaque entre Dinant et Sedan.

  Il est permis de se demander comment trois jours après le déclenchement des vraies hostilités le commandement français ne dispose pas de réserves suffisantes pour venir barrer la route à l’envahisseur.

  A cinq heures du matin, dans le vacarme, on a bu du champagne trouvé dans une caisse traînant là, des vaches meuglent, pis gonflés à éclater, des avions passent en rase-mottes. Au loin, le canon. Manque d’hommes, manque de cadres, peu d’armes modernes, comment tenir ? Mais pour moi, tenir quoi, je n’ai pas encore vu un allemand sauf l’aviateur e l’autre jour. Le commandant passe avec Mairesse, on me dit en vitesse que le poste de commandement du général Corap est à Vervins, à cent kilomètres du front, que la peur cisaille nos armées, au pont de Montgon sur le canal des Ardennes un flot de réfugiés et de fuyards s’écoule sans arrêt. Que peut-on commander de la manoeuvre qui nous occupe ici ou là ? L’ennemi a mis à profit la nuit pour se renforcer très sérieusement sur la rive gauche de la Meuse, il continue ses bombardements en force, la gare de Tergnier est écrasée et des centaines de personnes meurent sous les décombres de halls où ils s’étaient entassés. Civils et militaires font la connaissance des bombes incendiaires. Partout des cadavres, hommes femmes vieillards enfants sont hachés ou brûlés. Albert me raconte dans notre merveilleux poste « Onde HAS » qui fonctionne toujours une scène incroyable sur la place d’un village dont il ne sait plus le nom : Ayant tiré les trois obus explosifs qui lui restaient, il s’est crapahuté en dehors de son char parce que des panzers arrivaient à toute allure. Il court vers une automitrailleuse qui l’attend derrière un mur de jardin. Sur le talus, un soldat est ensanglanté, il se meurt. Une jeune femme en haillons est penchée sur lui, elle sanglote, elle est quasi allongée sur le mourant, elle suce le sexe de ce jeune soldat agonisant et avale son sperme avec son dernier soupir, le premier char allemand est bien près, une rafale, la jeune femme n’est pas touchée, Albert un instant immobile l’empoigne et ils courent vers le sergent Candereil qui attend. L’automitrailleuse démarre, entre dans un sous-bois et échappe à la vue des ennemis. La femme, dans la voiture pique une crise de nerfs, ordonne qu’on la dépose, on doit la frapper pour qu’elle se taise. Albert la remettra aux mains d’un infirmier du 13è.

 

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant est disponible en la demandant – gentiment – à Xian) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)

 

 

 

 

 


05:48 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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