02/02/2005

Les Belges sont stupéfaits d’apprendre que Léopold III dit qu’il est inacceptable de se replier dans un réduit national et encore plus de se replier vers la France, pas question

 

Suite des événements ...

 

  Belges, Britanniques et Français sont bien en place sur cette fameuse ligne KW mais ils sont atterrés par le fameux coup de faucille de l’armée allemande qui roule vers la mer à toute vitesse. Les Belges sont stupéfaits d’apprendre que Léopold III dit qu’il est inacceptable de se replier dans un réduit national et encore plus de se replier vers la France, pas question !

 

  Dans la presse parisienne, on dit que la bataille grandit sur un front de 400 kilomètres entre Moselle et Zuiderzee, que l’aviation franco britannique a fait des efforts gigantesques dans la région de Maastricht.

 

Dans les prairies, concert de meuglements des bétails abandonnés, c’est triste, est-ce comme cela par chez nous aussi ? Le poste de commandement de la 55è se trouve à Font-Dagot sur la route de Bulson à Maisoncelles. Le général Henri Jean de Lafontaine, vieux gaulois aux somptueuses moustaches croit encore qu’il est capable de stopper l’attaque qui se déroule sur ses flancs, mais il laisse entendre que la Meuse n’a pas la largeur de la Vistule et que le génie des assaillants leur permettra de la franchir assez rapidement en de nombreux endroits avec tout leur matériel. De son observatoire, il voit la forêt ardennaise d’où arrive l’ennemi qui déboule sur les routes sinueuses de Givonne et Saint-Menges, puis il voit les prairies marécageuses de Bazeilles et Donchéry et la presqu’île de d’Iges. Tout cela est déjà perdu, aux mains de l’ennemi. Le saillant de Longwy a été abandonné. Sur le plateau Charlemagne on tient bon, mais pour combien de temps encore ? Il paraît que de Lattre de Tassigny les bloque devant Rethel. Mais que nous est-il donc arrivé ? Plusieurs secteurs sont d’un calme curieux, on ne signale rien à Fumay mais à Chooz, ils sont passés avec des blindés de la 6è division Panzer. A Florennes, des unités pensent qu’il sera possible de repousser Rommel au-delà de la Meuse, Bruneau se concentre paraît-il pour avoir une force suffisante. Mais on maque de carburant ! Partout des brèches s’élargissent dans le front entre Namur et Sedan. Blanchard aligne trois corps d’armée sur la position que j’occupais il y a quelques mois, entre Sauvenière et Gembloux. Le général allemand Hoeppner attaque en force mais est contenu par le 4è corps et par une contre-attaque de cavalerie, on pense un instant que les Allemands ne passeront pas la nationale 4. Un régiment de tirailleurs Marocains résiste merveilleusement mais les ennemis appuyés par de l’artillerie mobile s’infiltrent dangereusement. Un peu plus au sud, le général Martin prescrit l’ordre de repli sur la ligne Florennes - Philippeville - Mariembourg. L’ordre de retraite est là-bas comme un signal attendu pour une infernale fuite vers l’arrière. Une constatation s’impose : d’une part l’armée française ne tient pas le choc, d’autre part, l’ennemi a un plan de bataille magnifique et de plus réagit rapidement aux situations créées, à se demander si ces Boches-là n’ont pas d’informateurs chez nous ? La situation est préoccupante, c’est le moins qu’on puisse dire. Pourtant, en forêt d’Ardennes, sauf vers Dinant et Mézières, il ne s’est pas passé grand chose. Tout dépend d’un endroit à l’autre. Pour certains, tout est catastrophique, la contre-attaque s’est terminée en boucherie et en fuites éperdues Une bataille de blindés s’est livrée à Raucourt dit-on et aucun renfort ne nous arrive. Les Allemands avancent dans notre dos

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant est disponible en la demandant – gentiment – à Xian) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)

 


05:26 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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