07/02/2005

Où est Pilou

 

Suite des événements ...

 

Vendredi 17 mai 1940.

 

 

  La patrouille cycliste s’est retirée et j’ai reculé mon groupe, j’ai simulé un épaulement par un FM en bois et un vieux casque (allemand) ... qu’ils tirent là-dessus ! On parle à nouveau de partir. Rommel en tête de sa 7è division de Panzers arrache les Français de Landrecies à leur sommeil. Les routes sont couvertes de véhicules et de fuyards. La surprise est telle qu’en plusieurs endroits des soldats jetteront leurs armes et se mettront en marche vers l’est avec des officiers et des sous-officiers effondrés.

 

  Où est Pilou et si elle couchait avec un homme... Pilou ouverte face au sexe dressé et triomphant d’un inconnu quelquefois l’image d’Albert, de René, de Brouillard même, image de cet après bain du mois de janvier lorsque je suis rentré à la grande surprise de tous au bungalow, et des images de mort, de viol d’Allemands couchés sur elle ...

 

  Il semble que le colonel de Gaulle ait tenté aujourd’hui dans la région de Montcornet, une percée avec une cinquantaine de chars et la 101è division stationnée à Maubeuge n’a pas rendu les armes, les divisions nord-africaines combattent jusqu’au bout sur le canal de la Sambre à l’Oise. L’aviation britannique, la RAF jette l’éponge, ses pertes au-dessus des ponts de la Meuse ont été considérables. La victoire dans le ciel reste aux mains des hommes de Göring.

  Les journaux sont en retard dans leurs commentaires de deux voire trois jours d’informations.

 

  Au château des de Montpellier ... une salve de 150 couche les officiers français qui planifiaient leur journée, un morceau de plafond se détache et blesse le général de Lafontaine, les obus continuent de pleuvoir dehors, il y a des blessés, on descend dans la cave  cette série d’artillerie annonce immanquablement que les fantassins ennemis arrivent, ils ne doivent pas être loin, nous n’avons guère de munitions, quittons ces lieux hostiles.

  Ordre de départ au canal à 18h. Mairesse est en arrière-garde, 19h, bagages chargés à la hâte, le canon tonne au nord, quelques coups tombent dans nos lignes, les hommes ont peur, c’est visible, à chaque arrêt, ils se cachent dans les fossés ou dans le blé qui mûrit, un avion ? hop tous disparaissent, le canon tonne au sud, aussi on a l’impression d’être encerclés, le soir tombe, lueurs d’incendie vers Lierre, le commandant m’appelle, me donne une carte voici l’itinéraire, suivez-le ! lire une carte la nuit, reporter un calque dans le noir, il en a de bonnes ! suivre une route non préparée, trouver des petits chemins des sentiers, où sont les repères, quels repères ? Je m’en tire par miracle et nous rejoignons le II fu après une heure de marche , il n’y a plus qu’à suivre. Le major Letocard est un chic type un peu suffisant. Kontich, un embouteillage monstre, un colonel est là qui essaye de mettre de l’ordre qui se rétablit peu à peu mais les hommes sont lourdement chargés et la colonne s’allonge, la fatigue commence à se faire sentir, où allons-nous ? Lierre flambe, sinistre, Boom, le jour se lève, les Allemands sont dans les environs immédiats, le pont est prêt à sauter, Bruxelles serait prise, Ruysbroek aussi, des bombardiers heureusement se contentent de passer, on se cache un instant à la briqueterie Lauwers.

 

 

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant est disponible en la demandant – gentiment – à Xian) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)

 

 

 


16:01 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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