23/02/2005

Vendredi 24 mai.

 

 

Suite des événements ...

 

Vendredi 24 mai.

 

 

  Les nouvelles vont vite, le 24 à 11h on sait qu’Hitler en personne est à Brûly de Pesche et ira à Charleville au Q.G. de von Rundsted, il n’y a pas un avion, pas un spécialiste des coups fourrés capable de l’en empêcher. On sait aussi que le général Giraud est emmené à Kônigstein en forteresse, cela fait un peu cinéma prussien et grande époque assez incompatible avec ce que nous vivons pour le moment. Non ? Installation défensive, croquis, rapports, 13 camions sur 21 m’ont accompagné, les autres sont perdus sait-on où non on ne sait pas ils sont du côté d’Abbeville parait-il des hommes arrivent qui ont perdu la trace de leur régiment depuis il ne savent pas même où, et ont été dirigés vers nous sur ordre, ordre de qui ? Je m’aperçois que la compagnie a égaré mon sac bleu, les caisses à vaisselle et le poêle On ne trouve plus le commandant Thiran, officier payeur qui d’ailleurs n’avait plus rien pour payer qui ou quoi que ce soit, l’aumônier Evrard  et le capitaine Boost seraient au Havre !!! Toute la journée, toute la nuit passage de la division française engagée en Hollande, ils rentrent sur Calais avec du vieux matériel hippomobile, les Allemands qui arrivent au pas de course vont en faire une bouchée, d’ailleurs, à Calais, il paraît que les Allemands y sont déjà. A Boulogne aussi. Sur la côte, seuls Gravelines et Dunkerque ont l’air de tenir bon, les autres villes et villages sont sillonnés de motocyclistes allemands. Saint Pol et Lens sont envahis.

  Un sous officier belge se déplaçant à moto avec sa femme est arrêté, on le prend pour un espion mais il est vrai que l’on arrête aussi de vrais agents de l’ennemi comme ce couple qui soi-disant retournait chez lui rechercher des papiers oubliés et qui s’avèrent être un officier de char allemand et une femme-sous-officier radio de la Wermacht.

  La domination aérienne sur le front de Bruges Gand est totale. La luftwaffe répand des milliers de tracts d’un croquis montrant que les belges sont encerclés et que les alliés fuient. La foule des réfugiés tourbillonne autour du front et des indigènes exhortent les soldats à se rendre.

  Le capitaine Gaétan Van Nooten est envoyé au cours de l’après-midi placer des panneaux à la frontière : Ici Belgique. Croit-on que les chefs de chars allemands lisant cette pancarte s’arrêteront en pensant ah oui c’est ici que la guerre s’arrête parce que les Belges en ont marre ! et que les Flamands voient là une magnifique manoeuvre pour se séparer définitivement de ces turbulents Wallons dont ils ne veulent pas depuis plus de quatre cents ans.

   Il fut imposé un instant à la 11è div de se rendre à Ypres mais la décision est reportée et il figure bien à l’O.J. qu’il ne faut à aucun prix que les divisions belges se replient vers Dunkerque ou rejoignent les alliés en territoire français, Le haut commandement belge serait-il déjà pro-allemand ?

 

 

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant est disponible sur skyblog aux environs du 10 mai 2005 ou  en la demandant – gentiment – à Xian) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)


05:36 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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