24/02/2005

Samedi

 

Suite des événements ...

 

 

25 mai

 

 

Six heures quart, Mascotte est debout devant un miroir dans cette ancienne chambre à coucher de ferme, dans le lit, je somnole. Elle est nue, diablement belle et désirable dans ce contexte, elle se regarde, s’admire complaisamment dans ce miroir fixé sur la porte d’une belle armoire normande trop lourde sans doute pour être emportée, miraculeusement non découpée à la hache, avec sérieux elle soupèse ses seins tout petits mais fermes, elle saisit un mamelon, le fait rouler puis descend les mains le longs de son ventre plat, alors ses mains avancent sur l’arrondi de la hanche et même du haut des fesses avant de venir sur la toison du pubis châtain clair, elle se sourit dans la glace me croit manifestement endormi, elle glisse son doigt dans sa fente, allait-elle se conduire comme une petite collégienne qu’elle était il y a quelques jours encore, à se caresser parfois après avoir fait son devoir d’écolière, après avoir préparé ses leçons pour des examens de fin d’année qui n’auraient sans doute plus lieu ... se caresser devant sa glace  elle poussa un soupir et passa des sous-vêtements masculin que Kintzelé lui avait dénichés. Elle sembla avoir l’air de penser à quelque chose de précis, rougit rêvant sans doute aux caresses qu’elle m’avait prodiguées durant les heures de nuit qui venaient de s’écouler, des caresses furtives, volées à un homme fatigué qui n’avait rien refusé et rien admis,  mon profil martial et ma gueule, ma carrure semblaient bien l’impressionner plus ce matin que cette nuit quand j’étais nu à ses côtés. Elle passa un pantalon de toile bleue mécanicien et un pull puis s’en alla vers le poulailler où elle savait qu’elle trouverait encore bien quelques oeufs.

 

  A neuf heures et demi, nouveau départ, pour ? le front ? quel front ? J’ai encore trouvé des cartouches et Mascotte m’a apporté un joli poignard dont elle ne veut pas me donner la provenance. On rencontre une procession de réfugiés qui remonte vers Ostende qui commence à être très sérieusement bombardé, je regarde toujours si je vois quelqu’un, des soldats de Verviers ont trouvé des parents en marche, ainsi. Un facteur affirme que la poste fonctionne au départ du tri de Bruxelles. Bruxelles est-il occupé ou non ? On dit aussi que les Allemands ne font que passer, qu’ils ne s’occupent de rien d’autre que d’arriver à la mer, en Angleterre ? Il leur faudrait en tous cas trop d’homme pour occuper le terrain, à la vitesse où on recule !!! Anvers n’est pas occupé non plus, semble-t-il !!! J’ai écrit à tous hasard une carte postale chez Demanez. Mais j’ai toujours mon fameux chèque en poche que je ne peux encaisser nulle part !!! Nous voici à Dixmude, des évacués de Liège et de Verviers emplissent les cafés qui regorgent de monde. A Dixmude, on embraque pour Kortemark, des trains de réfugiés plein la gare, de belles michelines devenues chambres à coucher, cuisine, salon où l’on cause, notre train a déjà eté mitraillé, il y a des traces de balles, en voici un autre qui roule lentement, un train de munitions, puis des wagons avec du matériel. Il y a un fort trafic qui va vers où ?

Au commandement militaire de la gare, on me dit que nous allons vers Houthuslt, mais le train continue vers Poelcapelle, le train s’arrête, des avions attaquent des troupes au sol vers West Rosebeke, un carrousel vraiment beau à voir d’avions qui font mine de venir vers la gare, en un clin d’oeil hop le train est vide, les hommes sont dans les couverts voisins, à grand peine on les rassemblera pour rembarquer maintenant on va vers Zonnebeke, en situation défensive, les renseignements qu’on a sur l’ennemi régional le précise comme des troupes légères mais on s’attend à une offensive demain. Des avions reviennent, passent et repassent. On arrive à Poelcapelle même et il y a un régiment anglais sur place qui a plutôt l’air de faire ses valises, ils ont des canons DCA, des casques plats, des combinaisons kaki pour le combat, et des cigarettes qu’ils distribuent volontiers. Il y a ici un immense dépôt de vivres, gardé par des Canadiens qui ne savent plus comment ils ont atterris ici. Il y a des boîtes de tout et plus encore, bien rangées sous les toitures d’une ancienne briqueterie. La nuit vient, heureusement la cuisine a suivi et après un repas, on voudrait se coucher. Il fait noir et il pleut depuis une heure maintenant. Le commandement m’enjoint d’aller en position de garde arrière, je cherche l’emplacement dans l’obscurité et je rencontre un colonel qui me dit oui oui c’est ici mais vous vous installerez demain, allez dormir avec vos hommes dans les wagons de chemin de fer. Je ne sais si c’est prudent et blotti contre Mascotte qui ne me quitte pas d’une semelle depuis hier, je somnole un peu puis je pars à la recherche d’eau potable car j’ai soif et il n’y a plus rien dans la citerne de la cuisine. Je trouve de l’eau dans une maison près du passage à niveau où je rencontre des gens qui craignent un bombardement pour cette nuit, nous serions beaux dans nos wagons, j’envoie Mascotte dormir chez ces gens-là.

 

 

( à suivre )

(L’histoire complète en un seul tenant (sens de lecture classique) sera disponible sur skyblog aux environs du 10 mai 2005 ou  en la demandant – dès aujourd’hui, gentiment – à Xian@swing.be) (format txt ou word mis en page classique sans illustrations)


03:47 Écrit par Charles Alfort | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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